Kevin Durant ou Legolas Vertefeuille?

Depuis que les blancs-becs des Toronto Huskies et des New York Knickerbockers ont enfilé pour la première fois leurs mini-shorts frisant l’indécence en ce premier match officiel de la NBA le 1er novembre 1946, la planète basket est agitée de débats hormonaux explosifs prétendant déterminer l’identité du meilleur joueur du monde.

Les enjeux sont vertigineux. Il en va du collage ou du décollage de millions de posters de par le monde. A qui profitent ces disputes continuelles? La réponse est presque trop évidente. UHU, sans l’ombre d’un doute. Mes frères, je vous le dis, c’est le lobby de la patafix qui tient le monde par les couilles.

Et puis l’on tourne en rond. Ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent. Abandonnons les unités de temps, de lieu et de sport. Pensons en dehors de la boite. LeBron ou Durant ?, c’est de la querelle de matheux. Et que je te jette un pourcentage à la tronche, et que je te cause moyenne de rebonds, nombre de breloques… Lassitude. Aigreur. Perte de sens. Alcoolisme. Saisie des meubles. La spirale.

Lors il ne vous reste plus qu’une chaise, quatre murs nus et un boulette de patafix tout juste suffisante pour accrocher une affiche. Vous avez le choix entre un poster de Kevin Durant et un autre de Legolas.

Lequel accrochez-vous ? La 31è franchise est là pour guider votre choix.

Kevin Durant ou Legolas ?

D’abord établissons un plan, car on n’est pas des bêtes. Enfin, je ne sais pas pour vous, mais moi la dernière fois que j’ai chié dans la rue, ça commence à remonter à assez loin.

Une rapide étude des commentaires sur les sites spécialisés fait ressortir quatre axes de travail, que nous appellerons grand un le charisme, grand deux le talent pur, grand trois l’impact collectif et grand quatre la psychologie.

K.Durant-1

D’abord, la question du Charisme, grand un.  

Question primordiale s’il en est. Mais avant de développer, il importe de définir le terme. Selon le dictionnaire Larousse, le charisme n’est pas autre chose que l’ « influence sur les foules d’une personnalité dotée d’un prestige et d’un pouvoir de séduction exceptionnels ».

N’importe quoi. Que des conneries.

Le charisme, c’est l’aptitude à figurer sur des images. Donc des posters. Donc à vendre de la patafix. Le charisme est un totalitarisme mural.

Ajoutons que le charisme n’a rien à voir avec les qualités humaines. On peut être charismatique et un enculé. D’ailleurs ça aide. Regardez le fameux Durant. Il est bien gentil mais qu’il est plan-plan… Le brave homme quoi. Trop dans la retenue pour faire rêver. Demanderait presque la permission avant d’aller au dunk. Et puis c’est tout de même pathétique d’en être réduit à balancer des millions de dollars en charités diverses pour faire parler de soi.

Legolas, lui, a ce petit côté canaillou. Il n’y a qu’à voir la façon dont il œille la caméra après avoir tiré trois flèches dans trois culs d’orques : la rétine pétille d’un certain orgueil. Puis il se fait plaisir. Rien à voir avec un Durant trop catholiquement timide pour prendre ses trente shoots. Legolas quant à lui vide au moins dix carquois par bataille, ce vieux croqueur. Et ça ne s’arrête pas là. Legolas fait du surf sur les marches du donjon, Legolas fait du toboggan sur un éléphant, Legolas recommande Pantène Pro V. Bon, ça peut être gonflant aussi. Arrive un moment où on l’en trouverait presque puant.

Puis il y a l’état civil. Un détail ? Oui et non. Un blaze qui claque, c’est aussi un facteur…

Legolas Vertefeuille, par exemple, ça retient l’attention. On imagine d’ici les parents excentriques à tendance organique, le papa avec une carotte dans les cheveux, la maman donnant le sein à un bébé lynx, la frangine baptisée Pimprenelle Croupiondoie.

Quand tu t’appelles comme ça, nécessairement, t’es amené à développer un certain fighting spririt tellement tout le monde se fout de ta gueule. Et de là acquérir des qualités de meneur d’hommes, nécessairement.

Kevin Durant, on est déjà moins dans la rareté. Si on faisait un congrès avec tous les Kevin Durant de France, on remplirait le POPB, pour le moins. Ce jour-là, en tout état de cause, quatre mille cours de techno aux quatre coins de l’Hexagone auraient déjà plus de chances de se dérouler sans crises de nerfs professorales. L’ennuyeux c’est qu’il faudrait ensuite cinquante heures de travail au personnel d’entretien pour enlever les chewing-gums collés sous les sièges.

Il est à noter qu’aucun de nos deux rivaux ne possède de surnom de la mort, tandis même qu’ils évoluent l’un comme l’autre dans des environnements où on distribue des sobriquets à tire-larigot. « KD », ça ne ressemble à rien. Un pseudonyme tel que « Slim Reaper » aurait rapporté des points, mais « The Servant » ? Recalé.

Quant à « Durantula », on s’interroge… Surnommé l’araignée, c’est acquis… appelé à régner, c’est une autre histoire….

Verdict : avantage Legolas

Parlons talent pur, grand deux. Rapidité du déclenchement, fluidité des appuis, précision de la trajectoire. On se tait et on apprécie. Que ça soit au milieu d’une embuscade gobelin ou dans la raquette des Grizzlies, l’elfe et la tige disposent des armes pour se tirer des pires situations sans encombre, indulgence du corps arbitral en plus pour le joueur du Thunder.

Mais on ne saurait parler de talent pur sans causer esthétique. Car autrement on serait bien emmerdés pour dénigrer LeBron, et ça serait dommage. La vie perdrait beaucoup d’intérêt si on ne pouvait railler les dribbles crustacés et le shoot avec le derche cambré du meilleur joueur de tous les temps de la dernière pluie. Si c’est pas beau, c’est pas du talent, lit-on en substance sur les forums d’ici et d’ailleurs.

Soit, alors, penchons-nous sur la question esthétique. Pas trop tout de même, « è pericoloso sporgersi ».

L’esthétique Legolas suscite la quasi-unanimité. Leste, enlevé, m’as-tu-vu, comme on l’a dit. Et efficace avec ça. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens capables de trucider un éléphant de 7 m de haut en émulant Maurice Béjart ?

L’esthétique Durant, à l’inverse, divise autant que le « Nu Descendant Un Escalier » à son époque. Tout en élégantes verticalités avant-gardistes pour les uns ; incongrument démantibulé pour les autres. « On dirait un insecte », entend-on çà et là. Souvent péjorativement d’ailleurs. Comme quoi le chemin de la tolérance est encore long. Les insectes sont nos amis, il faut les aimer aussi.

Je ne me prononcerai pas sur les goûts de chiotte d’autrui, non plus que sur leur préférence pour le proclamé Black Mamba : l’égout et les couleuvres ne se discutent pas.

Verdict : c’est pas beau de juger les gens.

Legolas

Évoquons à présent l’impact collectif, grand trois.

Sur ce point il n’y a pas photo. La Durantule impacte beaucoup plus profondément les performances de son équipe que Legolas. D’après Tolkien lui-même, « Legolas est probablement celui des Neuf Marcheurs qui accomplit le moins » (« source » Wikipédia). Le fait est qu’il est aussi mieux entouré. Un mage, un roi, un nain grincheux, un traître et quatre hobbits, excusez du peu. Pour se rendre mieux compte, il faudrait imaginer Durant aux côtés de Magic Johnson, LeBron James, Charles Barkley, Ray Allen et quatre Craig Sager.

Le supporting cast de l’Oklahoma ne peut pas lutter. À la rigueur, dans un jour où le ménisque est d’attaque, la tortue ninja pourrait réussir un ippon sur un hobbit, mais ça s’arrêterait là. Le garde suisse se ferait déchiqueter par le roi. Mordant à une feinte grossière, le kangourou irait s’empaler tout seul sur la hache du nain. Ne parlons même pas du sous-ogre faisant office de pivot. Le traître en ferait du petit bois. Le traître ne craint que Rudy Gay de toute façon.

Dans ces conditions, le poste 3 du Thunder est forcé de fournir. Ce qu’il fait plutôt très bien depuis la saison, tournant à … mais ça vous le savez, fait chier d’aller chercher les chiffres, on n’a pas encore de stagiaire.

Verdict : avantage Durant

Du point de vue psychologique, grand quatre ce qui ressort en premier lieu, c’est que nos deux protagonistes partagent avec Stéphane Bern une indéniable fascination homoérotique envers les têtes couronnées, fascination qui les pousse à ne se surpasser que dans les limites autorisées par le protocole monarchique. Aucune trace d’arrière-pensée régicide chez ceux-là. Le roi est un pote. On est content de ce qui lui arrive. C’est mérité. On veut bien briller mais il serait inconvenant de prétendre à la couronne, hein. Chacun sa place. Être en finale ou porter la traîne de la mariée, c’est bien aussi.

Mais quoi, un roi, c’est fait pour être décapité, les gars… Faudrait arrêter de baisser le falzar devant sa majesté des douches… Un roi ça coûte cher, et le peuple a faim. Faut que ça saigne !

Verdict : complexe d’infériorité pour tous les deux. Tuer le père, et fissa

Conclusion : quelqu’un peut-il m’expliquer par quel tripatouillage génétique les Huskies sont devenus les Raptors ? On peut arrêter de jouer les apprentis-sorciers cinq minutes ?

 

DrStrangelove

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19 réflexions sur “Kevin Durant ou Legolas Vertefeuille?

  1. Aux vues des différents critères j’accroche plutôt un poster de Steve Blake personnellement. Je m’explique :

    – Le charisme. Trouvez moi, à l’heure actuelle, un joueur capable de courir après son coéquipier à l’entrainement parce que ce dernier a refusé d’appliquer un système dans le seul but de lui mettre une droite. Trouvez moi un joueur qui insulte un spectateur portant le même maillot que lui. Ça c’est ce que j’appelle en imposer. Pas suffisant ? Alors trouvez moi un joueur qui vient en aide aux pauvres. Mais pas avec des gants blancs hein ! Un vrai qui se déplace sur le terrain, et qui ne se contente pas de sortir le CB trois fois par an.

    – Le talent pur. Je crois que ça se passe de commentaire. Toute personne sensée l’ayant vu jouer comprendra qu’il vient de la planète Basketopia.

    – L’impact collectif. Je serai bref. Début de saison, il est aux manettes de son équipe. Résultat ? Bilan positif. Il se blesse, l’équipe chute. Retour de blessure. Résultat ? Triple double et première victoire depuis des lustres. Il est échangé (contre deux sombres merdes qui plus est, mais là n’est pas le débat), et l’équipe recommence à perdre.

    – La psychologie. Il peut rater tous ses tirs de la soirée et rentrer celui qui vous ferra gagner. De plus, c’est un homme d’honneur, un vrai. Los Angeles ne l’a pas aimé à sa juste valeur, et pourtant « J’aime cette ville et ces fans. Ça a été un honneur de jouer pour les Lakers, et je souhaite y revenir le plus vite possible ». Preuve que l’homme à de l’influence, M.Basket en personne a avoué « être déçu de voir partir la personne dont il était le plus proche dans le vestiaire. Et qui avait un vrai mental de vainqueur ». Il sait de quoi il parle.

    J’eusse espéré qu’il figure dans vos propositions, pour changer de ces médias « grand public » qui n’ont d’yeux que pour les dunks et les stéroïdes anabolisants. Je pensais enfin trouver sur ce blog qui se voulait « décalé » un peu de respect pour l’homme et le joueur qu’il est. Mais visiblement, vous êtes issus du même système gangréné que vos confrères journalistes. On prend le grand Durant et le bel elfe, et on laisse de côté l’humble meneur et le nain. Pourtant, à la fin c’est le nain qui a le plus de casques…

    • T’inquiète pas que je me suis bien pissé dessus aussi! Et en plus tu as réussi le coup de maitre à placer le « Fucking Rudy Gay man » dedans, alors bon!

  2. Magnifique !
    Dis moi Doc t’es tout seul pour gérer le schmilblick ou il y a d’autres « saltimbanques » avec toi ? En tout cas je me suis bien marré et je vous encourage vivement à continuer !

    • Salut l’Armoricien,
      A la base on est 3 avec Carlosss, le Doc et bibi. On a proposé au Provençal et Etienne Daho qui posteront je pense quand ils auront un peu de temps. Cela dit toutes les bonnes âmes sont les bienvenues donc si ça te tente, il te reste plus qu’à. On des communistes donc le partage ça nous connait.
      Kenny

      • Ola Kenny je me demandais où t’étais passé, ça fait longtemps que j’t’ai plus vu dans le tiéquar.
        Sinon t’as réuni la fine équipe, ça serait un honneur que de marcher à côté des bras cass…euh des légendes que vous êtes !

    • De toute façon l’avenir de la NBA en France c’est nous. Dimitri et Benji de BUSA sont déjà venus nous demander des conseils pour nous demander des conseils afin d’atteindre les sommets de la ringardise.
      En tout cas, t’es le bienvenu pour nous pondre une Moussaka quand ça te chante mon Karagounis.

      • Merci bien mon p’tit Rod !
        J’suis pas aussi doué que vous, mais niveau ringardise j’me défends comme un chef ! Vous payez bien ?

      • Ce sera toujours plus que ce que je touche dans mon usine de production de feta à la chaîne au
        Pirée. P’tete même que j’pourrais m’acheter un deuxième calbut !

  3. a mon avis le plus fort pour les conneries c’est bien Kenny ! j’avais jamais vu ce site, maintenant je ne le quitterais plus !

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