Quelle défense NBA contre une pandémie zombie?

Des New York Knicks de 1993, l’histoire officielle retient qu’ils se sont faits éliminer en finales de conférence par les Chicago Bulls d’un Michael Jordan tantôt Flamby (3/18 au Game 3), tantôt flamboyant (54 points au Game 4) – entérinant pour la franchise une réputation de méga-lose à peine démentie par deux apparitions malheureuses en finales en 1994 et 1999.

Depuis le nouveau millénaire, la franchise ne cesse de dériver dans une solitaire médiocrité, objet de toutes les moqueries, de tous les quolibets. Isolés dans le concert des lazzis, quelques initiés de l’histoire secrète de la NBA conservent un respectueux silence. Ceux-là savent ce que la ville de New York doit à son équipe.

Car bien avant le Flu Game, une infection d’une toute autre ampleur a foulé les parquets.

Octobre 2013. Devant l’insistance de la 31ème franchise et l’imminence de sa retraite, David Stern accepte finalement de déclassifier le dossier. Pour vous, la 31ème franchise a épluché les archives secrètes du Putrefaction Game.

Le monde doit savoir.

Zombie

La faute au foot

26 mai 1993. Une équipe française de football remporte la finale d’un championnat européen des clubs en Bavière. La France en fait tout un foin.

Chargés à mort en produits de laboratoire vaguement testés sur un lapin et deux rats qu’on découvrira verdâtres le lendemain, les joueurs de ladite équipe s’envolent au petit matin vers certaine ville du Sud de la France où une foule massée sur le tarmac leur prépare un accueil triomphal. Dans l’esprit festif de cette victoire historique, de massives quantités de drogues récréatives d’origines douteuses circulent généreusement entre les sièges.

Laminés par le cocktail de produits dopants et de narcostupéfiants , les joyeux vainqueurs se succèdent en génuflexions devant les toilettes de l’appareil, vomissant des hectolitres de bile – façon Jackson Pollock – au-dessus de la Suisse.

Une formation de cigognes est touchée en plein vol. Parmi celles-ci, deux spécimens porteurs d’une bactérie dormante demeurée non-identifiée à ce jour. Infectée par le mélange toxique tombé du ciel, la mystérieuse bactérie mute, transformant les deux cigognes en redoutables agents pathogènes à plumes.

On ne sait pourquoi, elles se détachent alors de leur groupe pour voler en direction de New York. Un documentaliste amateur a tout filmé depuis son ULM. Des toxicologues se sont penchés sur la vidéo, et malgré le vomi floutant l’image, un agrandissement a permis d’établir sans aucun doute possible l’apparition de canines dans les becs des volatiles touchés.

New York, trois jours plus tard. Des premiers cas de zombification sont rapportés. Un individu étrangement amorphe croque soudainement la nuque d’un trader dans le métro. Une femme de ménage claudicante déchire les testicules d’un diplomate avec les dents. On attribue les évènements à un complot communiste haïtien. Le NYPD est sommé de boucler la mamaloi bolchévique.  On ignore encore l’origine aviaire de la pandémie.

Le putrefaction game

1er juin 1993. Les Knicks regagnent New York après deux larges défaites à Chicago. Avantage du terrain oblige, l’équipe de Pat Riley a bon espoir de remporter la cinquième manche. Les deux premiers matches à New York se sont soldés par de nettes victoires pour la franchise locale.

C’est donc le cœur gonflé de revanche que les Knicks se réunissent au Madison Square Garden ce jour-là pour entendre les consignes de Pat Riley à l’occasion d’une courte séance d’entraînement. L’entraînement est fermé aux médias, mais il sera suivi d’un point presse de Pat Riley en salle de conférence. Bruce Campbell Jr., du Daily Planet, est arrivé très en avance. Une cinquantaine de journalistes et de photographes occupe déjà l’espace médias. Bruce n’a pas eu de chance en se rendant à la salle. Une fiente colossale lui est tombée sur le crâne à quelques blocks de l’entrée.

L’incubation sera brève. Le premier cri d’effroi retentit à 15h47. Les caméras enregistrent Campbell Jr. sautant à la gorge d’un photographe. Un agent de sécurité parvient à le renverser au sol. Il se fait mordre au mollet. A peine dix minutes plus tard, une horde de cadavres accrédités clopine en masse dans les couloirs du Madison Square Garden, débouchant à 16h01 à la sortie du tunnel menant au terrain.

« – Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? peste Pat Riley. Videz-moi ces fouille-merde. Hors de question qu’ils ébruitent le système de la guillotine volante. »

Un porteur d’eau est piétiné, puis déchiqueté par une douzaine de mâchoires. Le Coach of The Year 1993 embrasse en un clin d’œil l’horreur de la situation. Immédiatement, des schémas tactiques se mettent en place dans son esprit.

« – Messieurs, voici l’occasion de mettre en pratique les consignes données en début d’entraînement. On barre l’accès au panier par tous les moyens. Doc, John, Rolando, Greg, vous barbelez les trajectoires. Pensez à la technique du coupe-jarrets que je vous ai montrée. Mase, Charles, vous venez en aide sur les débordements. Rappelez-vous du coup de coude à l’aine. S’ils vous passent devant, il vous reste l’option de la corde à linge. Patrick, Oak, vous défoncez tout ce qui traverse. Patrick, ce serait peut-être une bonne idée d’enfiler tes genouillères de match, celles avec le verre pilé à l’intérieur. Faites-moi de cette raquette un putain de blockhaus. Rien ni personne ne salopera mes pompes aujourd’hui. »

Les douze minutes qui s’ensuivent constituent une des plus belles démonstrations défensives de toute l’histoire de la NBA ; on ne peut que se désoler de ce que les images qui nous en sont parvenues (prises de derrière le panier avec une caméra 8mm par un espion chicagoan déguisé en cheerleader) aient été jugées impropres à la diffusion. On ne nous a permis de les visionner qu’en présence de gorilles de la NSA, dans un salon Home-Cinema du Pentagone uniquement accessible via deux portiques de sécurité et un sas de décontamination.

Contre les morts affamés, les Knicks défendent comme des morts de faim. Croche-pieds, doigts dans l’œil, manchettes à la glotte : Starks, Rivers et Blackman piochent allègrement dans le sac à malices de Riley. Smith et Mason distribuent les swings et les uppercuts . Ewing et Oakley pulvérisent ce qui dépasse à coups de coups de genoux sautés. Les os craquent, les bras tombent, les têtes roulent, le sang jaillit à flots. Mais la horde est compacte. Voyant sa défense acculée par feu les représentants des médias, Riley a l’idée d’appeler une zone presse.

L’effet est immédiat. La meute se jette à corps perdu dans les trappes de la défense New-Yorkaise. Il n’en reste bientôt plus que des membres éparpillés et une mare de sang qui, victoire ! n’a pas atteint les mocassins en cuir de veau de Pat Riley.

Prévenu de l’exploit dans la foulée, le maire David Dinkins réquisitionne la zone presse des Knicks pour annihiler les différents foyers d’infestation dans la ville.

On connaît la suite : éreintés par leur sauvetage des vivants de New York, les Knicks perdent leurs deux matches suivants contre Chicago qui s’en ira battre les Phoenix Suns en finales (il faudra évoquer dans un article subséquent l’enlèvement extraterrestre dont a été victime Paul Westphal entre les finales de conférence et les finales).

Zombie2

Et aujourd’hui ?

Dans le contexte policé de la NBA d’aujourd’hui où le hand-checking est strictement interdit et où le moindre regard de biais est susceptible d’être puni par une faute technique , la question se pose : existe-t-il encore une défense capable de sauver le monde d’une pandémie zombie? Et si oui laquelle ?

Indiana, Chicago, Miami, Memphis ?

Nous avons posé la question à Max, le responsable des questions toxicologiques de la NBA (dopage excepté).

La 31ème franchise : « Max, ne pensez-vous pas que le ramollissement des défenses NBA depuis les années 90 constitue un danger ? Pensez-vous réellement les Indiana Pacers capables de sauver l’humanité dans le cas d’une infestation similaire à celle de 1993 ? »

Max : « La question n’a plus lieu d’être, dans le sens où la NBA a mené des études qui ont abouti à la découverte d’un anticorps capable de circonscrire la pandémie. »

La 31ème franchise : « Pouvez-vous nous en dire plus ? Cet anticorps peut-il faire l’objet d’une vaccination à grande échelle ? En combien de temps pouvez-vous réagir ? »

Max : « Pour répondre à votre première question : pas à proprement parler, même si cet anticorps a naturellement tendance à s’introduire dans les organismes femelles. Le temps de réaction équivaut au temps de vol entre la zone de pandémie et Houston. L’anticorps évolue ordinairement aux Houston Rockets. »

La 31ème franchise : « Vous voulez dire que l’anticorps est un être humain ? »

Max : « Absolument. Cette personne a développé une immunité au virus après avoir été mordue dans la prime enfance. Depuis lors, pour schématiser, elle a développé certains traits zombies : les yeux  myxomatosés, la dentition impure, la barbe rêche d’un trépassé. Si une infestation venait à nouveau à se déclarer, il n’y aurait qu’à prélever quelques millilitres de sang sur James Harden pour en arrêter la propagation. L’ingestion d’une goutte de sang de James Harden moins de 24 secondes après morsure neutralise le processus de zombification. »

La 31ème franchise : « Merci docteur ».

Propos recueillis par le DrStrangelove

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8 réflexions sur “Quelle défense NBA contre une pandémie zombie?

    • Recherche Google Images, mots-clés basketball et zombie :-P
      Je sais pas trop si j’ai le droit en fait.
      Mais bon on est des punks on s’en fout.

  1. J’ai maté World War Z récemment (Brad Pitt oblige), eh ben c’est vachement plus pourri que cette histoire. D’ailleurs je financerais n’importe quel producteur qui ferait une version cinéma de The Putrefaction Game.
    Viens donc se poser la question à un million de drachmes : Qui pour interpréter le rôle de Pat Riley ?

  2. Cette version paraît crédible.
    Même si le basket de Starks et Ewing était tout sauf vomitif. Mais c’était du costaud, certes.
    En tout cas, beau boulot .. (1er com ici chez la 31eme du Dr et du Ch’ti.)

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