Que sont-ils devenus? Air Bud Buddy, star des paniers

air-bud

Dix ans déjà…

6 mars 2004. Une puce électronique retrouvée sur une charogne au coin d’une station Texaco à Spokane, État de Washington permet d’identifier formellement l’amas d’entrailles comme étant la dépouille d’Air Bud Buddy, star des paniers. Les marques de pneus zébrant la fourrure poussiéreuse ne laissent aucun doute sur la cause du décès. Reste un doute: s’agit-il d’un accident? D’un canicide prémédité? Air Bud avait ses haters… On pense évidemment à son ancien propriétaire, le sinistre clown dipsomane Norm Snively. Mais aussi à une bonne centaine de parents d’élèves ayant vu leurs loulous privés de médaille par la faute de l’écœurant cabot, et des brouettées de baby-sitters forcées de se taper les DVDs de ses exploits.

Ou bien était-ce un suicide?

Il faut dire que le meilleur golden retriever de tous les temps n’allait plus très bien.
Après avoir dominé des gniards par douzaines dans cinq disciplines différentes (basketball, football américain, football, baseball et volley, quand même) et appris à plein de petzouilles aux coupes impossibles que dans la vie, il faut croire en ses rêves, ne jamais abandonner, consommer, et qu’un chien ça rend cool auprès des filles, ce meilleur ami de l’homme – à l’exclusion des méchants de la cour de récré – ressentait un grand sentiment de vide, à en juger par la très nette diminution de la fréquence de frétillement de sa queue (ne pas se fier aux yeux, les golden retrievers ont toujours un regard d’opprimés de la vie même quand ils s’accouplent ou qu’ils ramènent une perdrix).

On ne reviendra pas sur les prouesses du canidé. Chacun a bien un(e) petit(e) cousin(e) ou un couple d’amis avec enfant(s) permettant de les consulter à loisir. On sait bien qu’il n’y a que la déchéance qui vous passionne, chienlit que vous êtes.

Les emmerdes commencent peu de temps après la finale du championnat de basketball moins de 13 ans du comté de je-sais-plus-quoi. On se rappelle que le chien donne la victoire aux Timberwolves de Minneapolis Fernfield grâce à deux lancers francs, une faute lamentable sur le meilleur joueur d’en face (je vous invite à revoir les images) et un regard qui se veut inspirant mais dans lequel rien ne passe en direction de son maître (à l’image d’un Spoelstra avec LeBron).

Immédiatement, les contrats publicitaires affluent chez Disney. Jamais à la traîne, les corporations entendent bien profiter du capital sympathie du clébard le plus clutch du monde pour promouvoir leurs fusils d’assauts et leurs surgelés. Surstimulé par les flashes et les « donne la papatte », enragé par le manque (Disney a arrêté de le piquouzer à l’EPO), Air Bud craque. Devant les caméras, il viole sauvagement le chat de la pub Sheba.

L’incident est étouffé pour ne nuire aux intérêts de personne. Devant le succès populaire du go-to-toutou, les gens de chez Mickey ont drafté Jack, le Most Valuable Primate. Il est envisagé de faire sortir Gus, le centre de football américain herbivore de sa retraite. Hors de question qu’un scandale vienne entacher cette ménagerie conquérante.

Air Bud continue donc de garnir le présentoir à trophées des Timberwolves… quand il ne sort pas les goudous de Team USA de la mouise, carrément. Mais après de derniers exploits au volley-ball, Air Bud rend la baballe. 6 ans qu’il se casse les glandes anales pour le prestige de Pécoreville – l’équivalent de 36 années pour un salopard d’homo sapiens.

Air Bud le chien stéroïdé s’enfuit donc de sa niche dorée. Toujours soucieux de sauvegarder les apparences malgré leur élevage de poufs en batterie, les gens de Disney le déclarent officiellement mort d’une crise cardiaque en septembre 2003. Il n’en est rien. Bud le renégat bat la campagne.

Il s’affiche dans des vidéos de hip-hop, faisant la nique aux chiens renifleurs des stups. Il est photographié dans des postures obscènes aux côtés des chihuahuas lubriques de Paris Hilton et Nicole Ritchie. Son flair de junkie le guide d’une ferme hydroponique clandestine à l’autre. Il ne se nourrit plus que de résine de cannabis (ce qu’a démontré l’expertise médico-légale).

Bientôt il s’attaque aux gens, avec une préférence pour les gamins à casquette. Des battues sont organisées pour débusquer « la bête du Nouveau-Gévaudan » qui « court plus vite qu’un ‘wide receiver’ », « change de direction plus vite qu’un meneur de jeu » et « rebondit d’un arbre à l’autre comme un ballon ». En vain… Jusqu’à ce 5 mars 2004 fatidique et cette rencontre avec les Good Year usés d’un combi Volkswagen.

Chienne de vie…

Qu’il soit au moins rendu hommage ici à ce plus ou moins meilleur ami de l’homme : repose en paix, vieille carne.

DrStrangelove

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3 réflexions sur “Que sont-ils devenus? Air Bud Buddy, star des paniers

  1. J’avais pleuré devant ce film… Quand le petit l’abandonne, alors qu’Air Bud veut le suivre. Et là il se met à crier : « va-t’en, reviens pas; pars, je n’veux plus te voir »… Un très mauvais souvenir !

    Sinon j’viens de m’apercevoir que les deux lancers auraient dû être refusées puisqu’il a mordu complètement la ligne.

    • Ben voilà… L’ingratitude humaine. Tu m’étonnes qu’il ait mal tourné le clebs.
      Et oui, cette fin de match est scandaleuse.

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