Le premier « big 3-en-1 » de l’histoire

Par Audessus_C_Boston#18.

mad_scientist

Après son échec cuisant en 1993, lorsqu’il tenta d’ouvrir au public un parc peuplé de lézards géants et autres reptiles à dentitions aiguisées, John Hammond, fan d’aiguilles et d’éprouvettes, se tourna logiquement vers la balle orange…

Ne croyez pas qu’il abandonna ses ambitions, adepte de la masturbation moléculaire, il avait un projet encore plus grandiose que le précédent. Après tout, si avec une grenouille et un moustique, il avait réussi à concevoir du Diplodocus, et si le Grand Barbu avec trois caillasses et une côtelette avait créé arrière-arrière-arrière grand-papy et arrière-arrière-arrière grand-mamy, pourquoi ne pourrait-il pas tenter un p’tit bidouillage?

Vu que toutes ses économies étaient passées dans son parc à Dinos, il fut contraint de tout reprendre de zéro. De retour à la ferme familiale dans son Wisconsin natal, le voilà installant scalpels et autres joyeusetés laborantines dans son abri anti-atomique. Très vite il progresse, notamment grâce à sa rafle hebdomadaire de clodos et de poivrots dans les bourgades avoisinantes qu’il conserve dans du miel et de la saumure. C’est ainsi qu’il découvre une molécule énergisante, il la nomme tout d’abord « clochardine » mais se ravise rapidement et la rebaptise « brebine » (dans un but commercial évident).

Bien que grandiose, sa découverte n’est pas un but en soi. Il désire vendre son brevet afin de récupérer la maille nécessaire à ses recherches. La création de la brebine nécessitant des endroits discrets et peu ensoleillés, il se tourne de suite vers l’Autriche et son savoir-faire des sous-sols. Un jeune entrepreneur ambitieux et excellent caviste en fait l’acquisition et créé, avec le succès que l’on connait, la boisson Red Sheep, inventant par la même occasion et de manière totalement illicite, la culture en pleine air du SDF. Vous aurez facilement remarqué la recrudescence de ces gueux qui squattent nos chers bancs publics, bouteilles de Villageoise à la main (ingrédient primordial pour la brebine) dans nos magnifiques cités et qui disparaissent du jour au lendemain. Posez-vous donc la question de ce qu’il advient de ces « personnes ». Tout est évidemment fait en collaboration avec les états, et c’est bien normal puisqu’il s’agit quand même d’une œuvre de salubrité publique…

Revenons-en à John L’génome, comme il aime à se faire appeler. Assis sur un gros chéquier, il zieute désormais vers sa deuxième passion : le basket-ball. Il commence par tripatouiller de l’ADN de lycéen qu’il attire facilement grâce à sa Fiat Marbella rehaussée sur des pneus de Hummer et à sa fontaine de Dragibus au pied de son lit à eau king size. Amateur de chasse à l’arbalète, il tente tous les croisements possibles : il leur inocule des gènes de castor, de caribou, de loutre, de wombat, etc… Le tout sans réel succès. Mais à force de persévérance et sur un coup du sort, il va s’ouvrir les portes de la grande Ligue.

À la fin de la saison universitaire 2006/2007, il rencontre un certain Russell Westbrook dans un magasin de farces et attrapes. John s’était décidé à viser plus bas en terme d’âge, pensant pouvoir faire mieux avec du chromosome plus frais, et venait donc acheter un costume de Michael Jackson et un slip à pression en cas d’assaut rapide, tandis que Russell cherchait un costard de Bozzo pour son premier rencard avec une certaine April O’Neil. Ils se retrouvent donc à la caisse lorsque le scientifique reconnait le jeune étudiant qu’il a vu se morfondre la veille sur le banc de l’équipe d’UCLA. Il engage alors la conversation et lui fait miroiter une paire de chaussure Méduse qui irait très bien avec son sarouel rouge.

Le joueur le suit jusqu’à sa Marbella et, en tant qu’amateur de belle mécanique, demande à voir ce qu’elle a dans le châssis. John s’exécute, mais dans une épingle, il roule sur une famille de tortue des neiges en pleine migration et part en tête à queue… Trop tard, car Russell est déjà catapulté hors du véhicule et se retrouve projeté le fion en avant sur une souche! Suite à l’éclatement d’une hémorroïde, le jeune homme se vide de son sang. N’écoutant que son courage, le généticien frotte sur l’asphalte la carapace d’un cadavre de reptile récupéré sur son pare-buffle et en récupère une poudre qui, mélangé avec du lave-vitre se transforme en onguent. Le voilà, tout sourire, qui masse la rondelle de Russell avec cette crème, stoppant ainsi l’hémorragie. Le résultat est impressionnant, en seulement deux jours, le basketteur gagne près de 10 centimètres puis devient plus rapide et plus adroit. Son seul problème c’est son sexe qui devient rétractile… Pour cacher sa croissance soudaine, il est obligé de jouer voûté mais, malgré ce handicap, il explose ses statistiques passant de 0,8 rebonds à 3,9, de 0,7 passes décisives à 4,5, de 0,4 interception à 1,6 et de 3,4 points à 12,7! Très vite, le monde de la NBA a vent de cette aventure…

C’est ainsi qu’en 2008, les Bucks lui proposent le poste de General Manager de la franchise. Il va vivre deux années difficiles durant lesquelles il n’arrivera jamais aux mêmes résultats qu’avec Westbrook. Tout d’abord, il essaya simplement de mélanger les gènes des joueurs et ceux d’une tortue, en vain. Il tenta ensuite de recréer les conditions de l’accident en les nourrissant exclusivement d’Harissa pour développer des hémorroïdes et en leur offrant un contrat à vie avec Milwaukee histoire de reproduire les conditions du stress d’un accident de voiture mais là aussi, sans succès. Il se lassait même de palper des miches de grands garçons, selon ses dires : « les mains d’hommes sont trop petites pour des fesses d’adultes ». Les dirigeants des Bucks iront jusqu’à croire à une simple coïncidence dans l’affaire Westbrook!

Mais encore une fois, c’est le hasard qui va venir en aide à John Hammond.

Le 9 juillet 2010, alors que Johnny se frictionne le bas-ventre sous la douche avec en fond sonore l’interview pré-saison du Heat, tout bascule en une seconde : son regard s’attarde sur sa bouteille d’Head and Shoulders « reflets enfantins » et plus particulièrement sur la mention « 2 en 1 » lorsque LeBron James commence sa célèbre énumération, « not two, not three… » COUPURE DE COURANT (surement due au fœtus d’oursin qu’il avait oublié dans sa centrifugeuse). Son cerveau associe directement les deux informations, il doit créer le premier Big 3 en 1!

Aussitôt informés, ses dirigeants s’empressent de lui fournir le matériel nécessaire, mais, au-delà des becs bunsen et des alambics, il fallait sélectionner les trois joueurs qui donneraient naissance au sportif ultime…

Le choix fut cornélien, voire corvidien par moment. Ils se mirent pourtant d’accord sur une première tentative : les trois lauréats furent Glen Davis pour la détente et la rapidité, Royce White pour le mental et Jason Collins pour son côté dur sur l’homme. Restait alors à collecter leur ADN… Ce fut simple pour Davis et Collins. Le premier fut invité dans les loges de Top Chef America pour saucer les plats en fin d’émission et, lors de sa sieste post-bâfrage, avec son opinel, John réussit à gratter un quignon de pain coincé entre deux molaires du glouton. Pour le second, notre scientifique corrompit son proctologue (chez qui il se rendait toutes les semaines pour un check-up complet) avec un abonnement sur 10 ans à « trou d’balle mag », le magazine des amateurs de flingues et d’anal. Une fois le frottis de Collins récupéré, il ne restait plus qu’à prélever Royce White. Étape difficile puisqu’il refusait tout contact avec de l’oxygène non pasteurisé. Encore une fois, John se montra très malin : il remplaça habilement une bouteille d’oxygène de la réserve du joueur par une autre remplie d’hélium. Ce dernier, pris de panique à l’écoute de sa voix lors de sa séance habituelle de karaoké avec sa mère, se jeta sur le lavabo, essayant de vomir tout cet oxygène malfaisant. Une fois le drame passé, le généticien n’eut qu’à récupérer un glaire dans le siphon de l’évier.

Un dernier problème se présentait à lui : ses dirigeants, impatients d’avoir des résultats, réclamaient un joueur sous peu et n’accepteraient jamais d’attendre les 18 ans nécessaires à l’existence de cet athlète. Qu’à cela ne tienne, un rapide coup d’œil sur « de pékinois à pékinois », le site d’échange communautaire chinois, lui permit de trouver un accélérateur de croissance, souvent utilisé dans les écoles maternelles du pays du soleil presque levant. Un modèle équivalent existait bien aux USA mais ne servait qu’à la croissance d’un membre à la fois, et puis il était réservé pour les 5 ans à venir par la PornValley…

Une fois sa tambouille réalisée, il l’a plaça dans son accélérateur de croissance, thermostat 8 et mode chaleur tournante, pendant une semaine… À l’aube du septième jour, la bête jaillit de son sarcophage métallique! Quelle masse de muscle et de gras et quel sourire de benêt il affichait! « Tu t’appelleras Anthony, comme mon père, Anthony Benêt » déclara John tout larmoyant. Pour des raisons de suivi dentaire, le jeune prodige fut déclaré au Canada où une erreur administrative changea son patronyme en « Bennett ». Seulement voilà, les attentes placées en lui ne furent pas récompensées. John gonfla bien ses statistiques NCAA à Vegas grâce à l’aide d’un croupier véreux mais ses commanditaires ne furent pas dupes, pas plus que les autres franchises d’ailleurs, exceptée une, pourtant réputée pour ses choix intelligents à la draft…

À l’été 2013, un ultimatum fut posé par les dirigeants des Bucks : « cette année on va tanker comme des porcs, file nous le nouveau Desagana Diop ou on balance toutes tes p’tites combines à France 3 Auvergne! » Autant dire que sa marge de manœuvre était mince.

Cette fois, fini les stratagèmes élaborés pour récupérer du miasme de champion, le temps était compté. John établit une liste de champions qu’il convoqua dans son bureau sous prétexte d’une éventuelle collaboration pour la création de nouvelles sandalettes de douche : les Water (….), à chacun de le convaincre de rajouter son nom derrière. La liste comportée sept joueurs exceptionnels (il prévoyait de faire son choix ultérieurement) : Vitor Faverani, Ryan Hollins, J.R Smith, Johan Petro, Hasheem Thabeet, John Lucas III et Bismack Biyombo.

Cependant, sans doute alléchés par l’appât du gain, ce n’est pas sept, mais bien dix athlètes qui se présentèrent à la réunion. Trois importuns vénaux se glissèrent dans le bureau, un certain Kevin Durant, un autre se nommant LeBron James et enfin un parfait inconnu : Kobe Bryant. Tous s’assirent sur des jolis tabourets taillés dans des bois de caribous par John lui-même. Il leur proposa par politesse et par stratégie, un verre de jus de canneberge à chacun, le but n’étant pas de les désaltérer évidemment, mais de leur soutirer une paire de glaviots…

Une fois son exposé fini et les joueurs partis, John constata avec effroi qu’aucun de ses joueurs vedettes n’avait touché à son gobelet! Seuls les trois rapiaces avaient ingurgité leurs boissons… À court de temps, puisque les engagements en université se rapprochaient à pas de Muresan, le voilà obligé d’utiliser l’ADN de trois pignoufs pour son ultime tentative d’entrée dans l’Histoire de la génétique!

Il utilisa la même formule que pour Anthony Bennett, à ceci près que, perdu pour perdu, il tenta le tout pour le tout et monta le thermostat à 10. Une semaine plus tard, le jeune homme qui sortit de la machine lui fit tomber les gencives : quel engin, une vraie machine de guerre! Après avoir profité de l’état quelque peu léthargique du gamin pour faire quatre ou douze clichés pour sa collection personnelle, il décida de le baptiser : « tu t’appelleras Andrew, comme ma mère, et puis comme ces chèvres de canadiens vont changer ton nom de toute manière, je vais t’appeler comme l’autre gland qui gagne le tour de France et les JO et qui fait genre je me dope pas, euh… Wiggins! C’est ça, tu t’appelleras Andrew Wiggins »…

Nous sommes désormais à quelques semaines de la draft et les Bucks sont bons derniers de la ligue. Tout est en place pour accueillir le nouveau phénomène NBA. La dernière étape indécise reste la Lottery Pick mais la chance n’a-telle pas souvent souri à ce cher John Hammond?…

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