Top 10: Le rap français à la conquête de l’hermétisme

A la 31ème on a la même passion (la mégalomanie) mais pas le même maillot (la musique), raison pour laquelle il nous arrive parfois de nous chamailler pour quelques menues divergences artistiques.

D’un côté on trouve le Dr Strangelove, le grand amoureux de la musique des 60’s et 70’s, très à cheval sur les codes exprimés par le rock, la soul, par les grandes voix noires américaines ou encore les guitares grasses et psychédéliques de Jimi et consorts.

De l’autre on a un Toss, un amoureux de la musique baroque, de la nu soul, de la voix orgasmique du grand Omar, un mec éclectique et qui parle de musique avec la finesse d’un orchestre poussant un Charles Bradley aux errements sibyllins de ses propres décibels.

Bref, on a deux mecs, deux gringos à l’aube de la quarantaine qu’on apparente trop souvent et avec beaucoup de facilité aux fameux  « Bobos » chantés par un foulard Rouge, expression que l’on balance désormais à tort et à travers lorsqu’on a le malheur d’avoir en face de soi un peu de goût et de présence d’esprit. Bref…

Puis arrive enfin le petit jeunot de la bande, votre serviteur, le sus nommé, qui partage beaucoup des goûts de ses ainés mais qui malheureusement a aussi le culot, que dis-je, l’outrecuidance d’aimer une musique bouffée par les clichés, les gymniques, les problèmes de syntaxe et l’étiquette de poésie du pauvre. En gros j’aime le rap et j’ai pas honte de le dire.

Alors maintenant ça peut paraître risible de dire « avoir honte » mais dans le milieu des années 1990, tu pouvais souvent te faire chambrer voir railler pour ce genre d’outrage musical. Bon autant vous dire qu’à titre perso j’emmerdais ces gens mais toujours dans le bon esprit. Parce qu’au final le rap et  avant toute chose, ça reste un état d’esprit.

Soit, je me perds un peu mais le but de ce papelard (qui n’a qu’un rapport limité avec le sujet habituel de la maison) est de convaincre un de mes comparses que le rap, le Hip-Hop, la culture de rue, ne sont pas et ne représentent pas uniquement les merdes balancées par la bande FM ou les chaines dédiées. Donc pour me lancer dans l’opération, je lui ai proposé de lui faire un « Top 10 Rap çaisfran » avec quelques figures imposées que sont le voyage, la contemplation et le pardon.

Tout ça pour dire que ce ne sera pas une mince affaire mais comme dit l’adage Solaarien « Qui sème le vent récolte le tempo ».

Balance la sauce DJ Medhi !!!!!

La Rumeur « L’ombre sur la mesure »

« Je suis l’ombre sur la mesure à la pointe d’une écriture ».

Difficile de qualifier un groupe comme La Rumeur, qui malgré son désir de rester en marge du système fut frappé comme il se doit par le plus beau des succès, celui de l’estime. Le sentiment qui se dégage du boulot d’Ekoué, Hamé et consorts, c’est que rien n’est fait avec le dos de la cuillère. Les prods sont soignées, les textes sont à la fois violents et très réalistes et la conscience politique semble très ancrée dans la démarche.

Bon après quand tu te retrouves avec des rappeurs titulaires de DEA ou d’une thèse, c’est tout de suite plus probant que les inepties linguistiques de Maître Gims et du Wati B band.

Branche ton casque Bite by Dre Le Doc et dézingue toi l’oreille interne, vieux grigou.

Oxmo Puccino « Mama Lova »

Alors oui claquer un Oxmo ça peut paraitre facile en apparence mais pas tant que ça au final. Le mec a désormais 40 berges, a commencé avec Booba sur Time Bomb et termine avec l’étiquette de Black Jacques Brel dans un cabaret Jazzy. En somme de quoi donner de la bouffe Bio gratos aux Bobos de toutes les grandes villes de Gaule pour les 3 prochaines générations.

Sauf que le grand frère de Mamoutou Diarra (international français de la balle orange) reste avant tout un mec des rues Parisiennes, avec une gueule pour l’emploi et un carnet de rimes aussi fourni qu’une pute d’Austerlitz fourrée au Crack après un test HIV positif. (ne me remerciez pas pour l’image)

Mama Lova n’est donc pas le choix le plus simple quand tu veux convaincre un hérétique mais dans une compil aussi excellente que Sad Hill avec les mains expertes de Blondin alias DJ Kheops d’IAM, tu n’as qu’une envie, c’est de rentrer à la Casa Familiale et de faire un gros bisous à ta reum. Vu que tu tiens beaucoup à rencontrer la mienne ces dernies temps, ce sera l’occasion.

Et puis t’es qu’un Poetic Lover Doc que tu le veuilles ou non…

Rocé « Changer le monde »

« Sonne le gong, j’aimerais changer le monde »

Le filston d’Adolfo Kaminsky porte sur sa gueule et dans ses textes, le gout de la punchline et disserte sur ce qui l’entoure avec les mots du mec qui ne se sent nulle part et à la fois partout chez lui.

Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’existe pas une hérédité dans le talent et la création. Bordel de merde.

Fabe « Des durs, des boss… des dombis »

Befa, la Scred Connexion, Cut Killer, les grandes gamelles de l’époque…Fabe, c’est avant tout une gueule à finir puceau et une moustache qui n’a pas de sens mais à côté tu as un flow incroyable, un rap intelligent bien loin des clichés d’un Stomy Bugsy et des couplets à faire passer La Fouine, Rhoff et Booba pour des vendeurs de fruits et légumes au marché de Clignancourt.

L’impertinent a stoppé son parcours de rappeur un peu du jour au lendemain après une carrière concentrée mais néanmoins productive. Le mec est dans le « dîn » désormais, assure que la musique est « haram » et qu’on peut tous courir aussi vite que l’on veut, il nous emmerde de toute façon parce que ce con est déjà tellement loin…Au Canada plus précisément.

Soon E MC « Elucider ce mystère »

Posse 501. Soon E MC était présent dans le paysage du Rap français depuis le milieu des années 80 et n’a plus donné de nouvelles depuis bientôt 20 ans. Un flow moyen, des propos cohérents et une prod jazzy toujours soignée. Toujours un bon souvenir…

 

Souleymane Diamanka « Papillon en papier »

C’est un choix bizarre mais ça se discute. Doit-on assimiler le Slam musical à la mouvance Rap ou Hip-Hop ? Quelque part je pense que oui, parce qu’il y a beaucoup de similitudes dans les deux pratiques et que le flow est une part importante des deux disciplines.

Ici j’avais envie de mettre un mec qui m’avait scotché un dimanche après-midi pluvieux, alors que j’étais en train, une énième fois, de m’astiquer la nouille sur mon canapé en tweed.

Souley Diamanka, grand parmi les grands paroliers, arrangeur de mots, maître du palindrome, voix grave, ton posé, visage marquant et artiste imposant.

La première fois que j’ai vu le clip je suis resté bouche bée. Le sens des mots, la voix d’outre-tombe et une musique mêlant classique, rythmes africains, le tout dans un clip soigné et obscur.

Le Bordelais (à ne pas confondre avec le branleur de Lormont) est à juste titre « Le meilleur ami des mots », doctrine qu’il épousera avec merveille lors d’un slam en duo avec son ami John Banzaï, autre illustre saltimbanque de la poésie.

Réchauffez-vous avant « L’hiver Peul »…

Chiens de Paille « Maudits Soient Les Yeux Fermés »

« Mon cœur, mes textes comme les temps sont durs,

Mais qu’est-ce que tu veux qu’j’te dise tu sais,

Les tensions durent,

Réminiscences sombres aux couleurs d’améthyste,

Mais qu’est-ce que tu veux qu’j’te dise, tu sais

mon âme est triste »

Certainement l’un des plus beaux textes du rap hexagonal mais qui paradoxalement apparait en 1998 dans la BOF d’une légende du nanar Français avec Sami Naceri, l’inénarrable film « Taxi » qui révélera au grand jour les talents d’acteur de Fredo Diefenthal, la mise en scène inexplicable de Gérard Pirès, enfin qui s’explique quand même puisque la production est assurée par Lucio Besson, qui aura un jour la bonne idée de filer les clés du scénario de « Banlieue 13 » à Bibi Naceri, ça vous place un homme tout de même. Pour ce qui est du « visionnage », je vous laisse apprécier de par vous même le chef d’œuvre par le biais d’un bon streaming Bangladais, c’est le minimum.

Bref, le groupe Chiens de paille est composé de Hal et Sako deux gaillards originaires des Alpes-Maritimes placés sur le devant de la scène par Akhenaton, grand ponte du rap PACA qui les poussa à participer à la BOF du film cité ci-dessus, malgré le décalage entre la prose très poétique et sombre de Sako et le sujet (peut-on parler de sujet) très léger du film, ce qui est exprimé d’ailleurs dans le début du titre.

Mc Solaar « La musique adoucit les Mœurs »

L’homme de Posse 501 « musicologue et mellowman ». Nous sommes au début des années 90, le rap commence à émerger en France mais on est encore assez loin de l’âge d’or qui pointera le bout de son nez au milieu de la décennie. Puis débarque Claude M’Barali alias Mc Solaar ou Claude Mc, avec un produit aux antipodes de ce qui pouvait être proposé à l’époque.

« Musique poétique, rythmique, angélique

Amusante ou militante, elle déclenche un déclic. »

Cette emphase résume assez bien l’atmosphère de l’album, avec aux platines le trop oublié Jimmy Jay qui impose ses instrus à base de jazz, soul et funk dans un ensemble harmonieux et mélodieux qui posera certaines pierres dans l’univers des DJ du rap français. A noter aussi que l’album fut produit par Boom Bass, membre du groupe Cassius et référence du mouvement Electro gaulois.

Pour l’anecdote, on peut noter la présence sur « La musique adoucit les mœurs » de « Clip » Payne, célèbre musicien américain du groupe Parliament-Funkadelic.

X Men « Retour aux pyramides »

«Je suis à la recherche d’espaces vierges à infiltrer comme Donnie Brasco dans la Mafia

Donc je suis parano, speed comme Martin Payne sous cocaïne

J’ai la haine jusqu’au jean Calvin Klein

Je représente mon clan, j’ai le feeling comme Marvin Gaye

Trop de flûteurs, je suis un King comme Martin Luther »

Ma 6T va craquer, Virginie Ledoyen, Stomy Bugsy en survêt, un mauvais film qui démontre pleinement que l’amateurisme dans le cinéma ne fonctionne qu’avec Bruno Dumont, un grand metteur en scène pour le coup.

Paradoxalement, mauvaise idée cinématographique n’engendre pas pour autant mauvaise bande son, puisque que c’est bien la seule chose à retenir du projet de Jean-François Richet.

Pour s’attaquer à cette BOF, il faut quand même avoir en tête qu’il existe en France une véritable culture « Guetto » mais une fois que l’on passe outre le douteux c/c vestimentaire des « Corners »  américains, à base de Lacoste et de survêt Sergio « Gros taquin », on note des prods qui envoient le bouzin et de très bons textes, qui n’appellent pas pour autant à réviser ses cours d’éducation civique.

Donc pour illustrer le propos on va prendre Cass et Ill des X-men, membres de feu « Time Bomb » et collaborateurs du Label 45 Scientific du très mésestimé producteur, Géraldo. Ill est le plus connu de la bande, considéré par beaucoup comme le meilleur tourneur-fraiseur de rimes de l’hexagone.

Cass le second lardon n’est pas en reste niveau flow et punchlines acérées. A noter qu’un troisième membre, HiFi, fut au départ de l’aventure et qu’il est aussi possible d’écouter son rap décomplexé, tout en auto-dérision sur la très bonne compil « 45 Scientific » . Pour les courageux, y’a toujours moyen de se réécouter « Jeunes, coupables et libres », qui se pose comme un classique du Rap français pour beaucoup mais qui marquera aussi le début de la fin du collectif.

Salif « Bois de l’eau »

Salif alias Fond. Certainement un de mes albums préférés toutes époques et tous styles confondus. De une parce que le mec a beaucoup d’auto-dérision, d’auto-critique et parce qu’il faut bien admettre que le lascar a du talent plein le Bic bleu. Être un branleur c’est une chose, mais l’assumer et en faire quelque chose en est une autre. C’est cru, voir même bien vulgaire (la pochette en atteste d’elle même) mais tu sens bien derrière que le mec n’enjolive pas le vécu pour pour passer pour ce qu’il n’est pas. (Mon p’tit ourson braqueur de taxi si tu me lis…)

A la prod on a le label de Kool Shen, IV my people (revendu depuis), qui ne se rate sur aucune mélodie et qui laisse le gringo vociférer toutes ses conneries avec des instrus propres comme des chiottes parfumés au Wizard senteur Lavande.

Donc mon gros chat, allume ta chaine Hi Fi Lansay et Bois de l’eau gros!

NTM « J’appuie sur la gâchette »

Que dire… Que de balancer NTM a un mec qui avait 16 ans en 95 et qui pense que le Rap est aussi utile qu’un théorème de Thalès, c’est comme proposer un voyage organisé pour la Syrie avec une ceinture explosive autour des couilles. Bref, le titre proposé est certainement un des plus oubliés, tout comme l’album d’ailleurs qui pourtant est loin d’être le moins bon.

Puis de toute façon tu veux faire quoi dans le 93 quand t’as un Toss et un Antillais qui veulent monter un PME? Hein? Bah soit tu fais du rap soit tu fais de la maçonnerie, les mecs ont semble-t-il fait le bon choix.

Au final j’ai pas fait de classement, donc (tu fais et) vous faites le classement qui vous arrange et on rediscute en dessous.

Kenny Anderson

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13 réflexions sur “Top 10: Le rap français à la conquête de l’hermétisme

  1. Première fois que vous lis! Très agréablement surpris! Surtout que je sors de Boston-Toronto qui , bien que de pré-saison, a été un match fort intéressant. Vous êtes dans mes favoris, je vous lirai bientôt. Bonne Continuation, très bon taff.

  2. Ah ! Je suis tombé par hasard sur les quelques messages échangés qui ont lancé ce classement, et j’avoue avoir été assez curieux du résultat. L’homme aux mille pseudos a du goût à n’en pas douter, même s’il laisse de côté les manieurs de la plume plus « actuels ». Et puis moi aussi ça m’a donné envie de jouer. Alors, si vous me le permettez, je vais ajouter ma pierre à l’édifice.

    Odezenne – Première Clope https://www.youtube.com/watch?v=yhou6uUCGl0
    C’est l’histoire de la vie avec un peu de nostalgie, sur une Face B de Madlib, et avec un enregistrement bien crado.

    Veence Hanao – Chasse & Pêche https://www.youtube.com/watch?v=7eA1g1aKV7I
    Un ami belge, ce qui empèche forcément le Kéké Jabbar de se cacher sous ce nom. Tu t’es déjà dit que ta vie était chiante à mourir ? Ça tombe bien t’es pas le seul. Maintenant quand tu t’emmerderas t’iras écouter Veence Hanao. Un homme parfait, si seulement il n’était pas fan des Celtics.

    Milk Coffee and Sugar – Croire En Nous https://www.youtube.com/watch?v=xBvDhkxHY7M
    C’est Suga en solo qu’on retrouve derrière ces quelques rimes. C’est simple, ça coule tout seul. On pourrait en parler des heures, mais Edgar Sekloka n’a besoin de personne pour être défendu. « Ça y est on me resitue, l’économie vole mes rêves la poésie me les restitue »

    Fauve – Blizzard
    Non j’déconne.

    Gaël Faye – Ma Femme https://www.youtube.com/watch?v=mxFGe4gepj4
    Les 50% restants de Lait Café Sucre. A chaque fois que le rap français s’est essayé à la chanson d’amour, il s’est souvent retrouvé face à un mur. Et puis parfois on trouve un mec qui en fait une qui fonctionne. Non, pas qui fonctionne, une réussie. On est assez loin de la chanson culcul et des violons qui cherchent à te tirer une larme, et c’est pas plus mal.

    Lucio Bukowski – Golgotha https://www.youtube.com/watch?v=LksrAnebELc
    Choisir un morceau du monsieur dans sa discographie c’est comme choisir un macaron la première fois que t’ouvres la boite. Laissons le parler de son morceau « « Golgotha », est évidemment une référence au Calvaire, d’où les clins d’œil christiques disséminés tout au long du texte. La musique d’Haymaker est également orientée dans ce sens : le côté « clavecin » donne une ambiance mystique, presque messianique au morceau. De même la lenteur du beat (qui est une constante dans le projet où est privilégiée une couleur « downbeat ») ajoute au désespoir des mots et me force presque à chantonner le texte. L’objet du morceau c’est l’angoisse profonde qu’entraine la recherche de réponses en soi, en tout cas quand on s’y lance à fond. Il s’agit d’un parcourt introspectif et des douleurs qui en découlent, puis finalement de la confrontation de cet état avec le monde extérieur, c’est-à-dire l’illusion moderne. Le constat est alors double : la recherche est toujours solitaire (l’image de la « colline ») mais ses conséquences sont collectives, universelles, car les valeurs qui en ressortent sont forcément celles de la nécessité d’unité, de partage de ces mêmes valeurs qui isolées n’ont plus aucun intérêt (« Ce qui nous sépare nous rassemble »). »

    Après retour vers les 90’s, tu peux revenir aux temps modernes Doc. Et rassure-toi, tous les rappeurs n’écrivent pas sur IPhone, il en reste quelques uns pour faire virevolter une plume d’oie sur du papyrus.

  3. Tout ceci est excellemment écrit.
    « Big up » comme on dit donc dans votre vernaculaire urbain.
    Je ne manquerai pas d’écouter ta sélection et celle de Stinson dès que j’aurai un moment à moi.
    Le texte, en tous les cas, est fantastique.

  4. Rod aka Kenny, « un petit qui a voulu que la vie d’autrui soit comme une poésie. »
    Depuis le début j’kiffe t’écouter parler zik’. Très jolie playlist au demeurant, comme le Doc’ j’vais prendre le temps d’écouter les morceaux que Mr Stinson et toi avez proposé.

    Avec l’image de le pute d’Austerlitz dans un coin de ma tête.

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